Synthèse Economique Mensuelle Irlande - Septembre 2018

News France-Ireland  |   | Brice Reguimi - DG Trésor

Macroéconomie

Croissance du PIB – La croissance du PIB irlandais demeure soutenue au deuxième trimestre 2018, s’établissant à +2,5% en g.t. cvs (contre -0,4% au trimestre précédent). Le PIB progresse ainsi de +9,0% sur le premier semestre sur un an et l’acquis de croissance pour 2018 s’élève maintenant à +6,4%. En 2017, le PIB irlandais a crû de +7,2% - croissance rapide qui reflète surtout, une fois encore, le poids des entreprises multinationales (FMN) dans l’économie du pays. Le PIB en volume a ainsi atteint 293 Mds€ en 2017, tandis que le revenu national brut modifié (GNI* - indice alternatif qui corrige la comptabilité nationale des effets des multinationales) était de 181 Mds€, soit près de 40% plus faible. Le secteur des FMN – qui représente environ 1,5% des entreprises présentent sur le territoire – a ainsi connu une croissance de +10,4% en 2017, la valeur ajoutée brute (VAB) du secteur s’établissant à plus de 107 Mds€, soit près de 40% de la VAB totale du pays. Si la croissance a bénéficié en 2017 à l’ensemble des secteurs de l’économie, les secteurs pharmaceutiques et TIC (largement dominés par les FMN) ont enregistré les meilleures performances. Pour autant, le dynamisme des entreprises « indigènes » n’en demeure pas moins réel, avec une croissance de +4,3% sur l’année, en baisse de ‑1,1pp par rapport à 2016 mais toujours solide –  notamment stimulée par la construction (+15,2%), les services (+5,8%) et le secteur manufacturier (+7,6%). La demande domestique a quant à elle crû de +3,7%.

 

Activité économique – Le PMI manufacturier était en hausse en août, s’établissant à 57,5 (contre 56,3 le mois précédent). Les entreprises sondées rapportent une demande intérieure et extérieure robuste comme raison principale de cette croissance. Le PMI manufacturier irlandais contraste ainsi avec celui de la zone euro, qui s’établit à 54,6 – en baisse par rapport à juillet (55,0) – et atteint son niveau le plus faible de l’année 2018, quoique toujours en territoire positif. Le PMI irlandais des services continue quant à lui sa progression, s’établissant à 58,0 en août contre 57,4 le mois précédent. 

 

Ventes au détail – Les ventes au détail (en volume) ont crû de +3,4% sur le mois de juillet et de +5,5%en g.a. cvs. Cette hausse est due très largement aux ventes automobiles – juillet, qui marque le début de la seconde période d’enregistrement des plaques d’immatriculation pour 2018 (1er juillet – 31 décembre), entraîne une augmentation saisonnière des ventes –, les ventes au détail hors automobiles ayant diminué de -0,5% sur le mois et augmenté de « seulement » +2,9% en g.a. cvs. Le Brexit demeure la principale source d’inquiétude pour les mois à venir : d’une part, l’incertitude pourrait s’accentuer et peser négativement sur la confiance des consommateurs ; d’autre part, de nouvelles dépréciations de la livre sterling pourrait encourager les consommateurs irlandais à consommer davantage au Royaume-Uni (en Irlande du Nord notamment).

 

Chômage – Le taux de chômage continue de diminuer en Irlande, s’établissant à 5,6% en août, en baisse de -0,2pp par rapport à juillet. Le taux de chômage avait été révisé à la hausse en juin (à 5,8% contre 5,1% selon les estimations précédentes) – principalement en raison de la prise en compte des flux migratoires par le CSO qui a entraîné une augmentation de 2,5 % sur un an de la population active. Ces chiffres révisés suggèrent que l’Irlande n’a pas encore atteint le plein emploi (dont on estime qu’il correspond à un taux de chômage d’environ 4 %) et que la reprise économique n’est pas arrivée à son terme. Ces éléments tendent à renforcer les appels à la prudence budgétaire afin d’éviter une potentielle surchauffe de l’économie. Le taux de chômage des jeunes (15 – 24 ans) connait lui aussi une baisse – la première depuis janvier – relativement importante, s’établissant à 13,9% (-0,5pp par rapport à juillet).

 

Salaires – La croissance des salaires accélère de nouveau en Irlande, le salaire hebdomadaire moyen s’établissant à 744,08 € au deuxième trimestre 2018, en hausse de +3,3% en g.a cvs (au T1 2018, la croissance s’était établie à +2,7% en g.a.). Le salaire horaire moyen connait une croissance moindre mais toujours solide, de +2,8% en g.a, à 22,89 €. Si la croissance des salaires moyens hebdomadaires du secteur public (+2,4% en g.a.) a été moins rapide que celle du privé (+3,6% en g.a), leur niveau moyen demeure bien plus élevé (à 959,09€ contre 683,12€ dans le privé). Les secteurs ayant connu les hausses les plus marquées sont ceux des services financiers (+6,5%), des activités professionnelles techniques et scientifiques (+6,3%) et de l’information et des communications (+5,5%) – très largement dominés par les entreprises multinationales. Selon les analystes, cette croissance particulièrement soutenue est inattendue dans la mesure où elle surpasse les taux de croissance des salaires britanniques (+2,5%) et américains (+2,7%) alors même que le taux de chômage irlandais est plus élevé que dans ces deux pays (4,0% et 3,9% respectivement). L'économie irlandaise se rapprochant du plein-emploi, l’accélération des salaires devrait se poursuivre.

 

Immobilier – Le nombre d’unités résidentielles achevées était en forte hausse au deuxième trimestre 2018 (+34% en g.a.), avec 4 420 unités achevées sur le trimestre. La plupart ces logements sont situés dans des zones urbaines (78%), principalement dans le Grand Dublin (60%). Selon les analystes de Davy Research, si la construction se poursuit au même rythme tout au long de l’année 2018, le nombre d’unités achevées pourrait atteindre 19 200, en nette hausse par rapport à 2017 (14 450). Toutefois, même à ce niveau, l’offre annuelle demeurerait bien inférieure à la demande, estimée à 35 000 pour 2018 et jusqu’à 53 000 en 2021.

 

Par ailleurs, selon l’indice des prix des propriétés résidentielles (RPPI), l’inflation sur le marché immobilier ralentit. En juillet, le RPPI a ainsi progressé de +1,0% sur le mois et de +10,4% en g.a. – inflation la plus faible observée depuis avril 2017, bien que toujours très soutenue. Ce ralentissement est notamment observé dans le comté de Dublin, où les prix ont augmenté de +0,7% sur le mois et de +7,2% en g.a (dans la ville de Dublin, l’inflation atteint cependant +9,2%). Hors comté de Dublin, l’inflation demeure très élevée, à +13,7% en g.a, notamment dans le Mid-West (+23,7%).

Finances publiques

Recettes de l’Exchequer – Les revenus du gouvernement central (« Exchequer ») pour le mois d’août ont été relativement décevants, 9% en dessous de leur cible (275 m€), à 3 Mds€ - soit « seulement » 0,3% de plus que l’année dernière. Sur les 8 premiers mois de 2018, les recettes de l’Exchequer sont cependant supérieures de 5% par rapport à la même période l’année dernière – mais 100 m€ en dessous de leur cible. Parallèlement, les dépenses courantes votées sont en hausse de 7% par rapport aux 8 premiers mois de 2017 et dépassent ainsi de 0,6% (200 m€) le plafond budgétaire. Les dépenses courantes de santé sont notamment 3,1% (313 m€) au-dessus du plafond fixé. Ces résultats ne sont toutefois pas de nature à remettre en cause l’exécution budgétaire,  qui demeure proche de sa cible. Dans ce contexte, le gouvernement devrait conserver une marge de manœuvre (fiscal space) pour le Budget 2019 mais cette marge se réduit.

Secteur financier

Crédits hypothécaires – D’après les données publiées par la Fédération irlandaise des banques et des paiements (BPFI), l’offre de crédit se contracte en Irlande : 3 400 crédits hypothécaires immobiliers ont été accordés en juillet, en baisse de -0,3% par rapport à juillet 2017. Le montant moyen des prêts hypothécaires était de 230 600€, une hausse de « seulement » 2,8% – soit la croissance la plus faible en deux ans et demi. Selon les analystes de Merrion Capital et Davy Research, cette contraction serait le résultat du renforcement des règles macro-prudentielles par la Banque centrale irlandaise.

PTSB  - La banque irlandaise Permanent TSB (PTSB) a conclu un accord pour céder 2,1 Mds€ de prêts non performants (PNP) a Star Mortgage, une filiale du fonds d’investissement texan Lone Star Funds, à travers son portefeuille controversé ‘Project Glas’. Le portefeuille contient environ 10 700 PNP, dont 7 400 prêts pour des habitations actuellement occupées par leur propriétaire. Cette vente va permettre à PTSB de fortement assainir son bilan, en réduisant son taux de PNP de 25% à 16% de ses encours totaux. Ce projet fait toutefois face à une forte opposition publique et politique, la banque étant encore détenue à 75% par l’Etat irlandais et le fonds étant considéré comme « vautour ». Le Premier ministre, Leo Varadkar, a tenté de rassurer l’opinion publique, assurant qu’une législation à venir allait permettre une meilleure régulation des fonds vautours. Le ministre des Finances, Paschal Donohoe, a quant à lui indiqué que les règles de la Banque centrale irlandaise ne lui permettaient pas d’approuver ou non cette vente.

Affaires européennes

Brexit – La question de la frontière nord-irlandaise demeure la dernière question en suspens avant la conclusion d’un accord de retrait entre l’Union européenne et le Royaume-Uni, selon David Lidington, ministre du Cabinet Office britannique. Les deux parties cherchent à conclure un accord avant le sommet européen d’octobre prochain, qui – au vu de l’échéance très proche – devrait prendre la forme d’une déclaration politique plutôt que d’un accord contraignant. Le principal point d’achoppement réside dans le statut de l’Irlande du Nord en cas d’absence d’accord satisfaisant sur la relation future entre l’UE et le RU : la première propose un « filet de sécurité » (backstop) accordant à l’Irlande du Nord un statut spécial à l’intérieur du marché unique et de l’Union douanière – tout en refusant d’étendre ce « filet de sécurité » à l’ensemble du RU – afin d’assurer le maintien d’une frontière ouverte avec la République d’ Irlande; le second rejette l’idée qu’il assimile à l’instauration d’une frontière entre la Grande-Bretagne et l’Irlande du Nord. S’exprimant devant les députés britanniques début septembre, Michel Barnier, négociateur en Chef de l’UE, a indiqué que l’UE demeurait ouverte à des propositions de « backstop » alternatives, plus acceptables pour les Britanniques – tout en réaffirmant qu’un tel filet de sécurité était indispensable, qu’il devait être « juridiquement opérationnel », garantir une frontière ouverte sur l’île d’Irlande ainsi que l’intégrité du marché unique et de l’Union douanière, et respecter les dispositions de l’accord du Vendredi saint. Les déclarations plus ou moins optimistes des négociateurs européens et britanniques sur l’avancée des négociations ont influencé le cours de la livre sterling ces dernières semaines, dont le taux de change face à l’euro est monté jusqu’à 0,91p (son niveau le plus haut depuis septembre 2017) avant de redescendre à 0,89p. Parallèlement, l’incertitude entourant les négociations et l’approche de l’échéance d’octobre commencent à peser sur la confiance des entreprises et des ménages irlandais : le sondage « Economic Pulse » publié en août par la Bank of Ireland fait état du plus bas niveau de confiance des entreprises depuis décembre 2017, tandis que l’indice de confiance des consommateurs irlandais ESRI/KBC est passé de 107,6 en juillet à 102,1 en août.

 

Source: DG Trésor

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